Psychothérapies

hypnose, thérapie brève, TCC, thérapie familiale, psychanalyse.

Pour s’y retrouver un peu dans le vocabulaire de la psychothérapie :

 

Psychothérapie : les psychologues psychothérapeutes disposent d’un certain nombre d’outils qu’ils utilisent en fonction de la demande du patient. Il serait très long de citer tous les cadres théoriques existant. Plusieurs études ont cependant trouvé des similarités parmi toutes les méthodes employées par les différents psychothérapeutes, notamment concernant une relation humaine chaleureuse et bienveillante, l’établissement d’un lien privilégié patient-thérapeute.

Les différentes techniques employées lors du travail psychothérapique seraient seulement des outils, chaque thérapeute ayant une préférence pour certains de ces outils, tout en s’adaptant à la demande du patient pour utiliser la technique la plus appropriée parmi celles qu’il connait, ou réorienter le patient, si nécessaire, vers un autre professionnel dont l’action serait plus adéquate.

Ce qui peut être un problème pour telle personne ne le sera pas forcément pour telle autre, et le psychologue se doit d’accueillir la singularité de chacun, de respecter la demande et le rythme de la personne qu’il rencontre.

 

Cadre : il fixe les limites que patient et psychologue ont définies ensemble. Le cadre garantit la sécurité des participants. Il peut s’agir aussi bien de la durée et de la fréquence des séances que, par exemple, des buts fixés pour la thérapie, et des moyens pour y parvenir. Des éléments tels que fréquence des séances, durée ou but de la thérapie peuvent bien sûr évoluer en cours de thérapie d’un commun accord chaque fois que nécessaire.

 

Inconscient : Unbewusste dans la langue de Freud (1856-1939). En résumé très simplifié, l’inconscient selon Freud serait le lieu de forces psychiques primaires difficiles à assumer consciemment, qui entreraient en conflit avec d’autres forces psychiques plus conformes à la vie en société, et nos comportements et pensées dériveraient de l’issue de ces conflits.

 

Milton Erickson (1901-1980), psychiatre américain pratiquant l’hypnose, considérait plutôt l’inconscient comme un ami qui nous veut du bien, un appui dans la thérapie. Il utilisait l’hypnose notamment pour conduire le patient à libérer son inconscient, afin qu’il puisse découvrir des solutions lui convenant, en évitant les limitations des habituelles réflexions conscientes.

L’inconscient est un concept théorique qui, dans cette dernière approche, met l’accent sur les ressources de chaque sujet, susceptibles d’être développées et utilisées en thérapie, puis dans la vie quotidienne.

 

Hypnose : c’est ce que l’on appelle un état de conscience modifié, entre veille et sommeil. C’est un état que chacun a pu avoir l’occasion d’expérimenter, comme par exemple lorsque l’on ne s’est pas rendu compte d’avoir effectué un trajet familier, trop plongé dans ses pensées pour avoir remarqué l’environnement. La relaxation peut mener à l’hypnose, mais pas obligatoirement. La faculté d’auto-hypnose peut s’acquérir avec un peu d’entraînement.

Milton Erickson s’était inquiété de savoir si l’on pourrait faire exécuter à un sujet sous hypnose des actes contraires à ses inclinations profondes. D’après son témoignage, sa longue expérience lui démontra que c’était chose impossible.

L’hypnose thérapeutique n’est qu’un outil qui peut être mis en œuvre par un thérapeute formé, en accord avec son patient, si cela peut lui être utile. Cela n’a pas grand-chose à voir avec les démonstrations d’hypnose de music-hall. En outre, en cas de contre-indication, le psychologue sera à même de le reconnaître et de ne pas proposer l’usage de l’hypnose.

 

Thérapie brève : En se référant à de nombreux psychothérapeutes et auteurs, on pourrait estimer qu’en thérapie brève le patient se voit proposer une consultation en général hebdomadaire ou bimensuelle, pour une durée allant d’une à une vingtaine de séances environ, selon l’évaluation par le psychologue du temps nécessaire au traitement.

Les thérapies brèves se focalisent généralement sur un symptôme précis. Le patient décrit ce qui le fait souffrir, et le thérapeute, après avoir fait le point sur les comportements observables du sujet, tente de déterminer un objectif de traitement ciblant le symptôme qui pose problème au patient.

Il proposera à partir de là un programme de traitement comportant le plus souvent des prescriptions de tâches visant à diminuer progressivement les pensées ou comportements problème.

 

Les TCC font partie des thérapies brèves, TCC signifiant thérapie comportementale et cognitive.

Elles font référence aux modèles cognitifs de traitement de l’information. Elles traitent des apprentissages émotionnels ou comportementaux inadaptés, dans l’ici et maintenant.

Elles sont dites comportementales dans la mesure où elles visent à modifier un comportement dans le but d’alléger le poids d’un symptôme le plus souvent irrépressible. Il peut s’agir d’un comportement rituel de fréquence excessive, d’un évitement systématique de certaines situations sociales, d’un trouble alimentaire, qui entrave de façon significative la vie quotidienne du patient, lui occasionnant une souffrance.

Les TCC sont dites cognitives parce qu’elles font souvent appel à une recherche sur le cheminement de pensée qui entraîne le patient au symptôme. Il s’agit de modifier les croyances irrationnelles, pensées automatiques, qui enferment le sujet dans un processus, par exemple de type ruminations de pensées négatives, d’où il voudrait pouvoir s’échapper. On parle de restructuration cognitive.

Diverses techniques peuvent être utilisées en TCC, on peut citer en vrac le questionnement socratique, la désensibilisation, l’exposition progressive en imagination, ou encore in vivo, cette dernière ayant pour but de diminuer le pouvoir anxiogène d’un stimulus redouté.

 

Les thérapies familiales : parmi celles-ci, on compte la thérapie familiale systémique.

Dans ce cadre, la famille est vue comme un système, où les difficultés de l’un des membres de la famille pourraient être considérés comme en rapport avec les interactions entre tous. La thérapie familiale systémique s’appuie sur la théorie de la communication qui postule que ne pas communiquer est impossible, même si l’on ne dit rien. L’attitude, les expressions corporelles ou faciales, domaine de la communication non-verbale, peuvent donner lieu à des interprétations plus ou moins erronées qui entraînent à leur tour d’autres interactions.

Les thérapies familiales systémiques peuvent être menées simultanément par plusieurs co-thérapeutes, avec parfois un dispositif d’enregistrement, et/ou de miroir sans tain (dans les instituts de thérapie familiale) : le thérapeute derrière le miroir observe les interactions entre la famille et le thérapeute présent, intervenant quand il le juge nécessaire pour fournir un avis au thérapeute qui communique avec la famille. De même, l’enregistrement permet de repérer des séquences d’interaction qui auraient pu échapper aux psychologues sur le moment, d’autant plus si les membres de la famille sont présents en grand nombre.

 

La thérapie stratégique : développée entre autres par Jay Haley (1923-2007), fondateur de l’Institut de thérapie familiale de Washington, qui s’est inspiré des travaux de Milton Erickson, avec lequel il a travaillé.

La théorie en thérapie stratégique suggère qu’au sein des groupes de proches dont l’un des membres présente des difficultés, des stratégies au départ bienveillantes mais souvent désastreuses seraient à l’œuvre : en effet, l’aide que les différents membres de la famille tenteraient de se prodiguer, lorsque l’un d’entre eux est perçu comme se sentant mal, pourrait finalement, faute de recul sur la situation, s’avérer inadaptée, rendant les relations encore plus compliquées.

Il s'agit ici d'aider le patient à analyser les stratégies relationnelles qu'il emploie et à les relier aux faits à partir desquels ces stratégies ont été mises en place. S'il souhaite un changement, le patient aura à modifier ces stratégies relationnelles, avec l'aide du psychologue.

Le psychothérapeute qui utilise la thérapie stratégique fait preuve de créativité lorsqu'il adapte ses prescriptions à chaque sujet singulier, en tenant compte de son environnement familial, relationnel, social, en s’assurant régulièrement qu’il répond aux attentes du patient, en stimulant sa coopération. Thérapeute et patient définissent ensemble un objectif, et le thérapeute, actif, propose, toujours dans un climat de respect et de bienveillance, des tâches tendant vers le but fixé.

 

Thérapie longue : la cure psychanalytique est un exemple de thérapie longue (en moyenne trois séances par semaine pendant plusieurs années).

L’une des indications de la cure psychanalytique concerne les difficultés du sujet dans son rapport au monde, aux autres et à lui-même.

C’est un dispositif où le patient est allongé sur un divan et a pour seule consigne de dire tout ce qui lui vient à l’esprit. Le psychanalyste, qui peut rester silencieux à certains moments pour laisser libre cours aux associations de l’analysant, s’attache à interpréter les manifestations de l’inconscient du patient, dans le but de lui faciliter la compréhension de ses motivations profondes, lui permettre de découvrir le sens inconscient de ses paroles, pensées et actions. L’objectif en psychanalyse est un changement en profondeur de la personne analysée, celle-ci apprenant à se connaître mieux par la prise de conscience d’une part d’elle-même auparavant inconsciente. Les interprétations, qui n’ont en principe que valeur d’hypothèses, sont délivrées de temps à autre, en temps voulu par le thérapeute, lorsqu’il juge le patient prêt à les entendre, afin que ce dernier puisse y réfléchir et éventuellement se les approprier, ou au contraire les rejeter et rebondir vers d’autres associations. C’est ainsi que le temps aurait, au cours de la cure psychanalytique, une valeur particulière qui justifierait la durée souvent longue du traitement.

Le transfert dans la cure psychanalytique serait le moteur du changement. Il consisterait en un déplacement et une réactualisation des désirs inconscients formés dans l’enfance par le patient pour ses objets d’amour (le plus souvent les parents) vers une personne rencontrée dans le présent de sa vie d’adulte, en l’occurrence le thérapeute. C'est à travers l'analyse du transfert que le patient pourrait ouvrir une nouvelle issue à son fonctionnement psychique.

Dans le contre-transfert, le psychanalyste interroge sa propre implication émotionnelle et affective, en lien avec le transfert de l’analysant.

Transfert et contre-transfert fondent la base des interprétations du psychanalyste.

 

La thérapie d’inspiration psychanalytique (parfois appelée psychodynamique) est une variante de la cure proprement dite. Le patient peut se trouver en face à face avec le thérapeute, et la durée de la psychothérapie peut être plus brève, les séances plus espacées (en moyenne une fois par semaine).

Le patient est soutenu par le regard du thérapeute, au contraire du dispositif du divan. La séance peut être également plus interactive. Il est possible d’utiliser ce dispositif lorsque le patient traverse une épreuve, ou bute sur un questionnement important, et demande un accompagnement, une thérapie de soutien.

Dans l’approche psychanalytique, qu’il s’agisse d’une longue cure ou d’une thérapie plus ou moins brève d’inspiration psychanalytique, la dimension historique de l’enfance du sujet est généralement (mais pas obligatoirement si le patient ne le souhaite pas) abordée tout au long du traitement, pour une mise en perspective avec le vécu actuel du patient.

 

Bibliographie:

ANDRE, C., (2006), Imparfaits, libres et heureux,. Pratiques de l'estime de soi, Paris, Odile Jacob.

ERICKSON, M., (1961), L'hypnose thérapeutique, Paris, ESF éditeur, (1986).

FREUD, S., (1924), Cinq leçons sur la psychanalyse, Paris, Petite bibliothèque Payot, (2001).

HALEY, J., (1973), Uncommon therapy, New York, W.W.Norton & Company.

VERA, L., (2014), TCC chez l'enfant et l'adolescent, Issy-les-Moulineaux, Elsevier Masson.

WINNICOTT, D., (1965), Processus de maturation chez l'enfant, Paris, Editions Payot, (1970).